Inspirons nous de ce que les feuilles mortes peuvent nous apprendre sur le lâcher-prise, le changement… et l’art de ne pas tout contrôler.
Il y a quelque chose d’assez fascinant chez les arbres à l’automne : ils ne font pas de réunion de crise quand leurs feuilles commencent à jaunir.
Ils ne se disent pas : « Mince… ça part mal. Il faut absolument que je garde mes feuilles ! »
Ils ne s’accrochent pas désespérément aux dernières feuilles vertes pour prouver qu’ils sont encore en été. Ils les laissent tomber. Tout simplement.
Nous, les humains, sommes parfois beaucoup moins doués qu’eux pour ça… Et pourtant, une feuille qui tombe n’est pas un échec !
À l’automne, l’arbre se déleste de ce qui lui a été utile pendant plusieurs mois. La feuille a capté la lumière, participé à la croissance de l’arbre, produit de l’énergie… Puis vient le moment où elle n’a plus la même fonction.
Alors elle change de couleur, puis sèche. Et elle tombe.
Cela ne signifie pas que l’arbre va mal. Cela signifie qu’il se prépare à une nouvelle saison. Qu’il suit le cycle des saisons de sa vie.
Et si nous regardions certains de nos changements avec la même bienveillance ?
Quand une période de notre vie se termine, quand une relation évolue, quand un travail ne nous correspond plus, quand une façon de fonctionner nous épuise ou encore quand une vieille croyance sur nous-mêmes devient trop petite […]
Parfois, la personne que nous avons été pendant longtemps n’est peut-être simplement plus celle que nous avons envie de continuer à être.
Et pourtant, nous nous accrochons.
Parce que nous confondons parfois lâcher prise et abandonner. Alors que ce sont deux choses très différentes !
Lâcher prise, ce n’est pas renoncer, ni signifier :
« Je m’en fiche. »
« Je baisse les bras. »
« Tant pis. »
Lâcher prise peut simplement vouloir dire :
« Je reconnais que quelque chose a évolué, et je cesse de lutter contre ce qui est déjà en train de changer. »
C’est accepter de ne pas tout contrôler, et c’est probablement l’une des choses les plus difficiles pour nous.
Nous aimerions toujours savoir…
Savoir ce qui va arriver.
Savoir si nous avons fait le bon choix.
Savoir si cette personne va rester.
Savoir si nous allons retrouver notre énergie.
Savoir si le nouveau chemin sera meilleur que l’ancien.
Alors nous cherchons des garanties. Nous réfléchissons encore. Nous rejouons les conversations dans notre tête, (re)faisons des scénarios […] Nous essayons de retenir ce qui nous échappe.
En résumé, nous nous accrochons aux branches.
Et si certaines choses étaient simplement arrivées au bout de leur saison ?
C’est peut-être cela que l’automne nous murmure…Tout n’est pas fait pour durer éternellement !
Et cela ne rend pas les choses moins belles, ni moins authentiques !
Une enfance ne dure pas éternellement. Une grossesse non plus. Pas plus qu’une période professionnelle, un temps d’habitation dans un lieu précis, une amitié, une façon d’aimer ou encore une version de soi.
Certaines choses ont une saison, une temporalité définie.
Et lorsqu’elles arrivent à leur terme, notre travail n’est pas forcément de les retenir.
Il peut cependant être de les remercier pour ce qu’elles nous ont apporté, d’accepter et d’apprécier leur place dans notre histoire.
Comme les feuilles mortes qui retournent doucement à la terre.
Parce que faire de la place, ce n’est pas « ne plus rien avoir », ou se séparer de. C’est peut-être même l’inverse.
Quand l’arbre se débarrasse de ses feuilles, il ne devient pas vide. Il conserve l’essentiel : ses branches, son tronc, ses racines.
Et pendant tout l’hiver, quelque chose travaille en silence…
Nous aussi, parfois, nous avons besoin de périodes où nous faisons moins !
Où nous ralentissons, cessons de chercher immédiatement la prochaine solution, où nous acceptons de ne pas avoir encore toutes les réponses.
Ce n’est pas forcément du sur-place. C’est parfois une transformation qui ne se voit pas encore.
Alors, cet automne…
Peut-être pourriez-vous vous poser trois petites questions :
Qu’est-ce que je continue à retenir alors que cela me demande énormément d’énergie ?
Qu’est-ce qui a peut-être terminé sa saison dans ma vie ?
Et surtout : qu’aimerais-je laisser tomber pour faire de la place à quelque chose de nouveau ?
Pas besoin de tout révolutionner !
Pas besoin de prendre une grande décision lundi matin à 8 h 03.
Parfois, le premier pas consiste simplement à reconnaître :
« Oui… cette chose-là, je crois que je suis prête à la laisser partir. »
Et peut-être qu’à cet instant, quelque chose se détend.
Un peu.
Comme une feuille qui cesse de lutter contre le vent.
Et qui tombe.
Sans bruit. Sans échec.
Juste parce que son heure est venue.
Anne Pascard – Hypnothérapeute et Praticienne en Neurofeedback dynamique à Saclay.


